Balade nocturne avec une princesse Peul

Deux (2) mois que nous nous envoyons des sexto et des snaps le matin. Il était temps de nous rencontrer et de réaliser les rêves que nous avions échangé, des rêves que nous avions construits ensemble.

Dimanche 16 heure et trente minutes, serein, je sors de la maison les écouteurs à l’oreille. J’écoutais en boucle « Négritude » de Youssoupha afin de rester assez poétique avant d’y arriver. Quelques heures plus tôt, pendant que je discutais encore avec elle sur Messenger, je dévorais Senteurs des fleurs fanées de Guillaume Djondo et la perspective de me retrouver dans un amour virtuel comme le décrit le poète dans le recueil me traversa assez vaguement l’esprit.

Dans le taxi, pendant que je relisais nos discussions, une vieille dame assise à côté de moi ayant aperçu la photo que la princesse m’avait envoyé quelques semaines plus tôt se mit à me sermonner sur les bonnes conduites. « Vous les jeunes d’aujourd’hui, vous ne savez même plus respectez les femmes et elles non plus ne savent plus respecter leur corps » disait-elle. J’avais hâte que nous arrivions à destination puisque la femme dans le taxi commençait à me mettre mal à l’aise et à m’ôter toutes l’excitation de la rencontre.

A 17h 40, j’étais à la plage et pendant que j’attendais encore, je remis mes écouteurs pour passer le temps.

18h, elle descendait d’une berline blanche. La vingtaine, les cheveux bien soyeux et un corps de rêve. Alors même que ses chaussures haut-talons touchaient le sol, j’entrevoyais ses belles cuisses correctement épilées luire au contact des derniers rayons de soleil. La soirée promettait d’être gracieuse. Très rapidement, nous nous sommes retrouvés dans un des nombreux bars jonchant la côte.

Un cocktail à la main, plus de la complimentais, mieux elle souriait. Elle avait un sourire aussi rayonnant qu’innocent. Très vite, elle me dit qu’elle avait envie de marcher. Je lui proposai alors une petite balade nocturne et elle accepta aussitôt ma proposition.

Nous avons marché une cinquantaine de mètres environ quand je senti la belle inconnue frissonner. Je lui remis alors mon par-dessus en bon « gentlemen ». Elle avait encore souri et elle s’arrêta pour me regarder pendant quelques secondes puis pris un air triste. « Ais-je dit ou fait quelque chose de mal ? » lui avais-je demandé. Elle me répondit « non mon chéri, je viens juste de me rappeler que le dernier était aussi gentil que toi et pourtant je n’ai pas pu résister à l’envie de lui planter un poignard en plein cœur ». La réponse me fit à mon tour prendre un air inquiet et elle éclata de rire. « Wow je ne savais pas que tu pouvais être aussi sensible » lança-t-elle toujours en riant. J’ai souri puis j’ai ris. Elle me regarda dans les yeux et je fis pris d’une folle envie de l’embrasser.

Ça faisait environ deux minutes que nous nous ambrassions. Son haleine fraiche et mentholée me donnait l’impression de voguer sur une mer à la fois douce et tumultueuse. Mes mains retraçaient les contours de son magnifique corps. Je frissonnais à mon tour ; pas de froid mais de désir. Elle se laissait faire.  Alors même que le plaisir commençait à envahir nos deux corps, je m’arrêtai quelques secondes comme pour reprendre mon souffle et je me remis à marcher. Elle me suivi assez étonnée. Un silence assez gênant s’installa alors. Je lui proposai de me raconter son histoire. « Je n’ai pas d’histoire, en tout cas plus maintenant » me répondit-elle. Je lui expliquai alors que nous avons tous une histoire, et ceux qui prétendent ne pas en avoir, sont ceux qui veulent la cacher.

Elle me raconta une histoire pleine d’émotion qui m’arracha une petite larme. « Elle est bonne à aimer celle-là » m’étais-je dis tout bas.

Je lui proposai alors un petit passage à la maison et elle ne déclina pas l’offre. Arrivé, nous entrâmes dans ma chambre et des baisés langoureux se mirent à pleuvoir. Très vite, nous nous allongeâmes sur le lit et je me suis pendant un petit moment d’égarement arrêté pour contempler le joli spectacle qui s’offrait à moi. Cette fois ci, je m’étais promis d’atteindre avec elle des cimes d’un plaisir extatique. Mes mains tremblantes prirent possession de la féminité de la princesse en explorant chaque parcelle de son corps avec l’assurance d’un homme ayant percé tous les secrets intimes de la femme.

« John, John (…) » entendis-je. Le bruit venait de très loin. Je senti alors une petite pincette à l’épaule « John réveilles-toi, tu vas rater ton rendez-vous ! ».

Oui je dormais. Je venais de prendre un whisky que j’ai toujours eu du mal à supporter. Il était 17 h. Je me préparai alors pour une longue balade avec la princesse Peul comme convenu.

The following two tabs change content below.
John Zidah
Il parait que "qui ne dit rien consent" alors j'écris!

6 thoughts on “Balade nocturne avec une princesse Peul

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *